Article : « Festival des musiques sacrées : Un air mystique souffle sur Fès »

Une expérience unique et jubilatoire celle que vient de vivre le public au Festival de Fès des musiques sacrées, qui a assisté, jeudi en fin d’après-midi, au concert “Souffles mystiques” créé par le virtuose du bansurî, flûte classique en bambou de l’Inde du Nord, Hariprasad Chaurasi. Le célèbre ensemble “Diabolus in Musica” accompagné des flutistes Vivek Sonar et Rupak Kulkarni ont transporté ainsi le public présent au somptueux jardin de Jnane Sbil, vers un monde divin où l’extase du jeu subtil des flûtes en bambou bansurî rejoint la puissance vibratoire des voix terrestres de l’ensemble “Diabolus”.
L’ambiance de douceur et de paix qui régnait au jardin Jnane Sbil, créé au 18e siècle par le sultan Moulay Abdallah, a conféré une dimension divine et mystique à ce concert au grand bonheur de l’assistance. Hariprasad Chaurasia, l’un des plus grands musiciens contemporains, a popularisé sur tous les continents “l’instrument le plus simple du monde”, portant au sommet de l’art classique hindoustani, la flûte bansuri. Mû par “un souffle divin qu’anime ce génie des muses, si humain et proche de nous”, ce maestro a assuré la création de cette production originale en Inde en février dernier grâce à l’Institut de France de Delhi pour le Festival «Bonjour India ». Il était accompagné à la seconde flûte par son disciple Vivek Sonar. Cette fois le maestro laisse les rênes à deux de ses plus anciens disciples: Vivek Sonar et Rupak Kulkarni.
Les deux flûtistes se confrontent désormais à la source de toute la musique occidentale classique: le plain-chant qui naît dans les communautés chrétiennes de l’Europe de l’Ouest durant les premiers siècles de notre ère et qui s’impose bien avant l’an mil sous la forme du chant grégorien, ainsi que les premières grandes polyphonies de notre histoire avec l’Ecole de Notre-Dame dont l’ensemble Diabolus in Musica s’est fait l’interprète remarqué par ses nombreuses réalisations discographiques et scéniques. “Souffle mystique” explore les fondamentaux communs de ces deux répertoires : la modalité, l’improvisation sur une teneur, la virtuosité, la liberté ou la contrainte rythmique, la respiration humaine au service de la musique et du souffle divin. L’extase du jeu subtil des flûtes en bambou bansurî rejoint la puissance vibratoire des voix terrestres de l’ensemble Diabolus in Musica pour une expérience unique et jubilatoire.

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