Concert 15 décembre 2019 Article Nouvelle République

Avec un concert de polyphonies nées à l’époque de la construction de Notre-Dame, Diabolus in Musica veut contribuer à la sauvegarde du patrimoine.

Le 15 avril 2019, raconte Antoine Guerber, qui dirige l’ensemble Diabolus in Musica, « au moment même de l’incendie qui ravagea une grande partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, nous donnions un concert non loin du cœur de la Cité. Cet événement terriblement particulier marqua plusieurs des chanteurs du groupe qui avaient eu, pour lieu de travail, ce monument emblématique. » On comprend l’émotion de ces chantres qui entretiennent tous un lien privilégié avec la cathédrale.
Certains sont issus de sa maîtrise d’adultes ou ont eu le bonheur « un peu magique » d’y chanter, comme en 2008 où Diabolus participait, devant sept cents personnes, à l’office de la Couronne d’épines. Et puis pour l’Ensemble, spécialisé dans la musique médiévale, « les polyphonies nées en même temps et au même endroit » que ce joyau de l’art gothique, forment le cœur de son répertoire.
C’est comme un jardin de musique « que nous labourons depuis plus de vingt-cinq ans », précise Antoine Guerber. Et avec quelle maîtrise Diabolus cultive l’art de faire vibrer cette lumière qui, en ce XIIIe siècle novateur, faisait son entrée dans les cathédrales et illuminait le plain-chant de polyphonies et la foi des théologiens de l’Université !
Un concert pour Saint-Ours L’ensemble a voulu rendre hommage à cette « belle dame » avec un programme d’œuvres de l’École Notre-Dame qui furent « un pas décisif » dans l’histoire de la musique. Cathédrale de sons et cathédrale de pierre : « Rarement il y aura eu pareille adéquation entre un répertoire et un bâtiment », s’exclame Antoine Guerber. L’émotion du 15 avril semble avoir encore plus resserré les liens de ces artistes avec les richesses de pierre. Diabolus in Musica a souhaité, dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation du patrimoine, offrir son soutien à un édifice actuellement en danger : la collégiale Saint-Ours de Loches. C’est pour ce joyau de l’art de bâtir que les voix d’hommes de Diabolus in Musica chanteront des conduits et organa de Léonin, Perotin et de compositeurs anonymes.
Dimanche 15 décembre, à 17 h, église Saint-Julien, à Tours. Tarifs : 18 €, 12 €, PCE : 5 € ; gratuit – 12 ans. tél. 02.47.42.13.37 ou www.diabolusinmusica.fr

https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/diabolus-in-musica-rend-hommage-a-notre-dame-de-paris