L’Ami – Les coulisses du tournage ! – Avec Antoine Guerber

L’Ami, François d’Assise et ses frères

Un film de Renaud Fély et Arnaud Louvet

Avec Elio GERMANO, Jérémie RENIER, Marcello MAZZARELLA, Eric CARAVACA, Olivier GOURMET

Sortie le 28 décembre 2016

Synopsis : À l’aube du XIIIe siècle en Italie, la vie simple et fraternelle de François d’Assise auprès des plus démunis fascine et dérange la puissante Église. Entouré de ses frères, porté par une foi intense, il lutte pour faire reconnaître sa vision d’un monde de paix et d’égalité.

Interview d’Antoine GUERBER

Comment ta participation  à la musique du film l’AMI s’est-elle décidée ?
J’ai été appelé il y a un an par Grégoire Hetzel, un célèbre compositeur de musique de films sollicité pour un long-métrage retraçant l’histoire de Saint François d’Assise. Les réalisateurs Arnaud Louvet et Renaud Fély souhaitaient être conseillés pour les nombreuses scènes durant lesquelles les franciscains chantent. Diabolus in Musica a beaucoup étudié et chanté les musiques de ce début de XIIIe siècle, qu’elles soient profanes ou sacrées. J’étais peut-être la bonne personne…

Que raconte ce film ?
Le film retrace une étape de la vie de Saint François, décrit son compagnonnage avec les frères qui le suivent et l’accompagnent jusqu’à sa mort. Il évoque les réticences du pape, les difficultés de se faire reconnaître et surtout sa longue et presque douloureuse amitié qui le lie à Elie de Cortone. Elie souhaite structurer et faire prospérer l’Ordre alors que François ne se soucie que de pauvreté et de vie libre et fraternelle, dénuée de toute attache matérielle… une sorte de tension entre réalistes et utopistes qui rencontre des échos très contemporains.

Baryton-Basse

Emmanuel Vistorky

Quel a été ton rôle et celui de l’ensemble ?

Les réalisateurs souhaitaient montrer la vie monastique des premiers franciscains avec des scènes liturgiques chantées. J’ai donc choisi quelques pièces dans un Bréviaire italien de cet ordre datant de 1225 environ: quelques antiennes, un hymne, une laude italienne chantée par Claire, l’amie de François et fondatrice des Clarisses. On m’a également demandé de composer une musique « dans le style de l’époque » pour le fameux Cantique des Créatures, écrit par François. Il a fallu ensuite faire répéter les comédiens. C’est surtout Emmanuel Vistorky, baryton-base et pilier de l’ensemble, qui s’en est chargé. J’ai alors demandé aux réalisateurs d’intégrer à ces scènes plusieurs membres de Diabolus in Musica. Finalement seul Emmanuel a rejoint l’équipe et on le voit à l’écran à chaque fois que les frères chantent !

La musique est-elle importante dans un film sur cette époque et ce thème ?
Elle est fondamentale. La musique est omniprésente au XIIIe siècle, surtout dans les milieux lettrés et encore plus chez les religieux évidemment. La liturgie est chant, la prière est chant. Les frères vivent dans le dénuement le plus strict, ils n’ont que leur voix pour chanter et louer la création et le créateur, ce qu’ils font tout au long de la journée. Je suis un grand amateur de films historiques et je sors souvent très déçu des bandes sons: les réalisateurs attachent désormais un soin presque scientifique aux reconstitutions des costumes, des lieux historiques de tournages, des objets utilisés à l’époque etc… mais négligent très souvent la musique, préférant les effets, quand ils ne font pas des erreurs ou des non-sens musicaux… je suis donc particulièrement heureux de cette expérience.

Tu as écrit une musique pour ce film, selon quels principes ?
Renaud Fély et Arnaud Louvet souhaitaient que la foule qui assiste à la mort de François se mette à chanter le fameux Cantique des Créatures, poème écrit par François lui-même. Il n’existe pas de mélodie pour ce cantique et contrainte supplémentaire, les réalisateurs exigeaient que le poème soit chanté en français moderne et non dans l’italien original… Je me suis donc inspiré d’une mélodie de trouvères et l’ai adaptée à la traduction française du cantique, ce qui n’était pas évident puisque la métrique change pratiquement à chaque phrase… Avec Emmanuel, nous avons fait chanter cette mélodie à près de 80 figurants… ils ne s’en sont pas trop mal sortis !

Quelle était l’ambiance sur le tournage ?
L’ambiance était très laborieuse. C’est évidemment passionnant  et étonnant de voir l’ensemble des professions à l’œuvre, une équipe impressionnante pour un film qui reste à petit budget.

 » J’ai admiré en premier lieu bien sûr le travail effectué par les acteurs, très connus ou pas. »

Il y a en permanence une quinzaine de personnes derrière la caméra même pour les scènes très intimes. Emmanuel et les acteurs ont dû passer de longues heures en costume, maquillés, en pleine campagne et la nuit. Heureusement, il n’a pas fait trop froid près de Montpellier en octobre 2015… Les relations avec les comédiens ont été très riches. Certains étaient liants, sympathiques et pleins de bonne volonté pour le chant, d’autres plus réticents voire méfiants… Le chant est un métier, une discipline d’une très grande difficulté et il faut féliciter les acteurs et les figurants du film !

 

Extrait du communiqué de presse du Film :
Entretien avec Renaud Fély et Arnaud Louvet

« Comment avez-vous travaillé les chants avec les acteurs ?
C’est une partie très joyeuse du travail. Nous ne devions pas seulement faire chanter des acteurs, les figurants aussi devaient se jeter à l’eau ! Et les chants étaient en latin, sur des lignes mélodiques très précises, empruntées directement à l’époque. C’est Grégoire Hetzel, le compositeur de la musique originale, qui nous a parlé du groupe vocal que dirige Antoine Guerber, un spécialiste de la musique profane et religieuse du Moyen Âge. Il connaissait très bien tout le répertoire pré-grégorien. Il nous a proposé plusieurs pièces très courtes, parmi lesquelles nous avons choisi. Ensuite, un de ses chanteurs est venu faire une première répétition avec les acteurs. Sa présence a été tellement entraînante que tout le monde s’est prêté au jeu. Il a rapidement fait partie de la troupe, au point d’intégrer le groupe des frères à l’écran. Dès lors, chaque fois qu’il était sur le plateau, tout le monde chantait. Les chants sont devenus de joyeux refrains du tournage, jusqu’à l’hôtel après les journées de travail ou pendant les moments de détente. Ils ont fait beaucoup pour souder nos frères, à l’écran comme au dehors. »

lire le communiqué de presse