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Un nouveau printemps du monde

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Au XIIe siècle, selon la célèbre expression de Georges Duby, un “nouveau printemps du monde » fleurit, sur la vieille souche latine.

L’ordre social immuable qui prévalait avant l’an mil est désormais bousculé par la féodalité. Dans le sud de la France en premier lieu, on construit châteaux et monastères, loin de l’influence et de l’autorité déclinante du roi ou du pape. L’art, la culture veulent désormais percer le mystère du monde, explorer l’invisible et discipliner la sauvagerie des temps anciens. Toute la symbolique des sculptures romanes montre les forces du mal, pour aiguiser la vigilance des hommes. Peinture, sculpture, architecture, musique, c’est à dire chant, célèbrent alors la beauté du monde. Dans les mêmes régions et exactement au même moment, l’art roman s’épanouit et de nouveaux chants s’élaborent au sein des acoustiques généreuses de ces nouvelles basiliques et chapelles. Dans les domaines de la grande abbaye Saint-Martial de Limoges notamment, la polyphonie connaît ses premières élaborations audacieuses et véritablement jubilatoires. De même, les premières chansons profanes de notre histoire sont créées par les troubadours qui célèbrent l’amour courtois. Chantres et troubadours font alors preuve d’une créativité parfois époustouflante. La joie qu’ils ont du ressentir s’entend de façon évidente et éclatante : ils réinventent cette beauté et en ont conscience.